Les tableaux de cette série picturale sont des peintures à l’acrylique sur toile de petit format (30 x 25 cm ou 40 x 30 cm). J’ai nommé cette nouvelle série « L’Habitat Universel, hommage à Pierre Kropotkine ».
Pourquoi est-ce un hommage à Kropotkine ? Il suffit de lire son ouvrage sublime « La conquête du pain » pour en saisir la référence.
Voici une de mes nouvelles séries débutée en 2016. Les tableaux, des huiles sur toile, représentent des portraits féminins d’Idoles (de stars). Chaque portrait, en noir et blanc telle une statue de marbre, est sur fond stellaire. La particularité de cette série est d’être liée à une autre intitulée « La destruction des hommes ».
L’ascension des idoles – Danielle Darrieux – huile sur toile (format 10F) 2016.
L’ascension des idoles – Salma Hayek – huile sur toile (format 8F) 2016.
L’ascension des idoles – Eva Green – huile sur toile (format 10F) 2016.
L’ascension des idoles – Melissa George – huile sur toile (format 10F) 2016.
La femme se dévoile…
Voici présentés quelques tableaux, acrylique sur bois et huile sur toile, appartenant à la série des « Secrets de l’Intimité ».
S’abandonner à l’ivresse complice, célébrer la beauté, la volupté timide ou la chair câline et embraser ses sens à la mosaïque de l’amour… Ainsi chacune des toiles présentées ouvre aux secrets de l’intimité.
Les secrets de l’intimité, Sherilyn Fenn, acrylique sur bois, 2005
2 odalisques, huile sur toile, 2004
L’intimité dévoilée, Sybile, huile sur toile, 2004
2 odalisques, huile sur toile, 2004
Les secrets de l’intimité, Sybille 5, acrylique sur papier, 2005
3 odalisques, les secrets de l’intimité, acrylique sur bois, 2004
L’intimité vide, acrylique sur bois, 2005
Les secrets de l’intimité, Sybille 1, huile sur toile, 2003
L’intimité dévoilé 5, acrylique sur bois, 2004
Les secrets de l’intimité correspondance, acrylique sur bois, 1996
Les secrets de l’intimité 1, huile sur toile, 1988
Les secrets de l’intimité 2, huile sur carton entoilé, 1988
L’intimité dévoilée, Eve, acrylique sur bois, 2004-05
Une mosaïque sur l’infini…
Voici présentés quelques tableaux (acrylique sur bois ou papier, huile sur toile et peinture numérique) appartenant à la série Univers.
Comme son nom l’indique, le sujet principal de cette série est l’univers. L’idée est que chaque tableau est comme une fenêtre ouverte sur l’immensité du cosmos. Nébuleuses, galaxies, étoiles défilent sous les yeux du spectateur comme autant de célébrations de la création et de la beauté.
Ici, l’ambition de Cyril Carau est d’exprimer de façon picturale l’infini à travers un objet concret et fini comme la surface plane d’un tableau.
A ce jour et dans les prochains, la série des Univers ne saurait prétendre à trouver une finalité dans le nombre des tableaux.
Univers 19, huile sur toile, 2016
Univers 18, huile sur toile, 2016
Univers 9, acrylique sur bois, 2005
Univers 15, huile sur toile, 2005
Univers 4, acrylique sur bois, 2003
Univers 5, acrylique sur bois, 2003
Univers 6, acrylique sur bois, 2005
Univers 7, acrylique sur bois, 2004
Univers 8, huile sur toile, 2003
Univers 10, acrylique sur bois, 2004
Univers 12, acrylique sur bois, 2006
Univers 13, acrylique sur bois, 2006
Univers 14, acrylique sur bois, 2006
Univers 16, acrylique sur bois, 2005
Univers 17, acrylique sur papier, 2005
Univers numériques 2
Univers numériques 1
Des Univers comme autant de dimensions…
A contempler ces tableaux, on sent qu’il ne s’agit pas de plusieurs facettes d’un même univers, mais d’une approximation dimensionnelle d’un ouvrage s’étendant vers l’infini. La série des Univers s’orientent vers un travail des couleurs et des motifs, qui ne se focalise pas sur le sujet, mais aussi sur son au-delà. La percée que représente ces tableaux s’ouvrent vers un infini d’univers bien au-delà de leurs bordures. Comme une fenêtre sur toutes les dimensions.
C’est aussi la pluralité de la notion de dimension, preuve est la variété des formats utilisés par Cyril Carau pour peindre ses Univers. Et la taille et l’agencement des « objets » représentés. L’œil sautant tour à tour d’une nuée d’étoiles à une galaxie (Univers 15), ou se focalisant sur l’incandescence d’une nuée omniprésente (Univers 8).
Les notions d’ordre et de chaos me semblent aussi participer ( et cela en toute logique) à l’élaboration des Univers (Univers 10, 13, 14…). Il y a, entre ces deux notions, des oppositions parfois très nettes, d’autres fois plus graduelles, qui s’organisent par la différence de couleurs, l’antagonisme des motifs ou la finesse du tracé. Et ce, comme si Cyril Carau s’attachait à nouveau à jouer de représentation plurielle et infini: le tout, le beau, l’univers, en un leitmotiv esthétique et pensé.
Et ces représentations de la beauté universelle, nous confonde dans l’évocation de sentiments et de sensations personnelles. Les Univers se font alors miroir de nos âmes pour nous parler de conflits ( Univers 4, Univers 5), de gestation et de naissance (Univers 7, Univers 13), d’ordonnance et de sérénité (Univers 15)…
De solitude dans l’Univers 16, ardent et émouvant; dans cette toile, le beau n’est pas dans ce que l’on voit, mais dans ce que l’on ignore… Dans le vide entre la sphère de flammes tronquée et les vapeurs incandescentes qui s’enroulent autour… Là, c’est l’œil du cyclone, le profond, le vide. Une œuvre de solitude, y voir deux parties séparées que l’on voudrait enlacer pour les faire se rejoindre au centre du tableau. C’est la lumière qui se désespère de s’émietter dans le vide obscur des doutes…
Issus d’ordre ou de chaos, les Univers servent pour moi, à rêver l’immensité du monde, l’immensité de l’humain.
Les L.U.C. signifient « Lyrisme Universel Clos ».
Il s’agit d’une série de peintures soit à l’huile sur toile, soit à l’acrylique sur bois qui se décline en nombre et en lettre. Cyril Carau a peint les premières au début des années 90. D’abord sur de très petits panneaux qui sont catalogués en « a », puis en format plus grand : les « b », puis en « c », « d »… cela de façon croissante. Le travail en série est systématique. Le motif est presque toujours le même pour un numéro donné et ne varie que par la taille.
LUC 10b, acrylique sur bois, 1995
LUC 6b, acrylique sur bois, 1995
LUC 2b, acrylique sur bois, 1995
LUC 5b, acrylique sur bois, 1995
LUC 8b, acrylique sur bois, 1995
LUC 3b, acrylique sur bois, 1995
LUC 15b, acrylique sur bois, 1995
LUC 9b, acrylique sur bois, 1995
L’exégèse s’est penchée sur la signification de ces œuvres…
Je suis gênée de parler des LUC de Cyril Carau car pour lui ils sont une étape et non pas un but en soi. Au départ Carau a peint des LUO (lyrisme universel ouvert), très peu au demeurant : trois à ma connaissance. Parallèlement il travaillait sur sa série des Tragiques. Entre parenthèse ce sont les seuls tableaux qu’il tient pour réussi. Quasiment l’ensemble de sa production, pour Carau, se résume à des essais, des esquisses, des ébauches et non pas des œuvres abouties et achevées comme telles. Avec les LUC pourtant on a l’espoir de le contredire. Or lorsqu’on sait quelle est l’ambition picturale de Cyril Carau, à savoir une peinture abstraïste, on est tenté de se ranger à ses arguments. Tenté seulement car là où Carau voit des échecs, nous sommes enclins à y voir de véritables œuvres d’art.
En effet le caractère inabouti des LUC ne les exclut pas pour autant du champ de la création. Cela pour différentes raisons : d’abord parce que les LUC sont une réelle avancée par rapport au LUO qui ne parvenaient pas à restituer la dimension barbare du monde et demeuraient en de-ça de la représentation. En revanche, les LUC intègrent, via les césures (ces longues barres noires qui quadrillent et écrasent l’espace peint), l’aspect sociétal dans ce qu’il a de contraignant, d’omniprésent, d’émasculateur, de coercitif et d’inquiétant. Ensuite par l’introduction de signes autonomes (des sortes d’araignées ou d’étoiles ou de créatures insectoïdes que l’on devine visqueuses) qui longent l’étendue de la toile et semblent guetter des proies possibles. Dans ses dernières productions Carau les stylise jusqu’à leur donner la consistance de brèches dans l’espace pictural. Le spectateur est libre d’y voir autre chose, mais il se dégage une sorte de malfaisance dans ces quelques traits noirs placés à des endroits stratégiques.
À cela il convient d’ajouter que Carau réussit à codifier l’hétérogénéité. Qu’est-ce à dire ? Ces tableaux apparaissent comme des mosaïques, des entremêlements de motifs qui n’ont rien à voir entre eux. Là une étendue verte ou rouge ou bleue ou mauve, un vortex cosmique, la mer, des plantes ? ou du moins des formes qui y ressemblent, des réseaux, des mailles, des jets d’eau (ou d’autres liquides), des cercles récurrents, etc. seulement ces motifs, bien que figuratifs, ne se limitent pas à signifier leur simple apparaître ; ils acquièrent une valeur générique… et par là deviennent de véritables abstractions visuelles. En cela les L.U.C. sont ce qui s’apparentent le plus d’une peinture proprement abstraïste.
Irina Lippi
Les L.U.C. ? Parlons-en ! J’ai lu le texte d’Irina Lippi. Je suis obligé de réagir. Je pense qu’elle est foncièrement dans l’erreur. Son interprétation prête du sens à des tableaux là où il y en a pas. Pour moi les L.U.C. ne signifient rien. Attention ! je ne nie pas leur qualité d’œuvres d’art. Quoique « l’art » soit quelque chose de galvaudé. J’affirme que ces peintures ne correspondent pas à l’interprétation qu’en donne Mademoiselle Lippi. Et si pour Cyril Carau ces tableaux sont exclus dans ses efforts pour créer une peinture véritablement abstraïste, ce n’est pas par hasard. Si l’artiste peut se duper lui-même sous l’influence d’admirateurs enthousiastes, l’homme – avec sa conscience subtile de ce qui est – ne se leurre pas une seconde. Par exemple l’évolution des L.U.C., évolution interne des panneaux concernés : le passage du L.U.C. 10 b (acrylique sur bois) au L.U.C. 10 c’ (huile sur toile) signifie quoi ? Au pôle bleu/vert Carau substitue le couple rouge/noir, les « censures » noires deviennent bleues. Doit-on y lire que la censure du monde devient moins terrible, plus douce ou agréable à regarder ? Pas du tout ! Cela ne veut rien dire. On est dans des effets picturaux, c’est tout. Inutile d’y assigner un sens. Ce que j’affirme c’est que toutes les images renvoient au discours du commentateur.
Je me souviens d’une soirée où Cyril Carau s’amusait au jeu de la contradiction, véritable (joute) sophistique. Il prêchait une thèse, puis son contraire avec une facilité déconcertante et heuristique. Puis après s’être tapé une daube, il entreprit de nous démontrer que le film en question (et dont j’ai oublié le titre) était une œuvre cinématographique majeure. Il s’agissait d’un de ces films d’action de série hong-kongais. Il éleva ni plus ni moins ce navet au rang de chef d’œuvre en montrant, plans à l’appui et extrait de dialogues, que ce film manifestait par une situation concrète de lutte de gangs (et de générations) le passage de La critique de la raison pure de Kant à La phénoménologie de l’esprit de Hegel. Il mit en parallèle les apories de la raison pure (les antilogies) et les réponses de Hegel avec la position du vieux chef de gang et les réaction du jeune loup adverse.
Ainsi avec les L.U.C. « première génération » et les L.U.C. « seconde génération » on pourrait argumenter de même. Du passage d’une société close illustrée par Platon à la société ouverte prônée par Karl Popper. La censure sociétale demeure, non plus noire mais bleuté. À la couleur bleue on assigne telle valeur et voilà, le tour est joué. Ce banal changement de couleur ouvre à toutes les interprétations dès l’instant qu’on accord arbitrairement telle fonction à tel choix de coloris, de forme, de médium pictural, etc. Ces tableaux renvoient à eux-mêmes, c’est tout et ne signifient rien de plus que ce qu’ils nous donnent à voir. Le reste est affaire d’imagination. Penser autre chose serait de la mauvaise foi.
Stéphane Roche
Je ne tiens pas à entrer dans une quelconque polémique ; seulement le texte de Monsieur Roche loin d’invalider ma thèse apporte tout au contraire de l’eau à mon moulin. En effet les LUC ne se réduisent pas à une banale tentative de ce que pourrait être une peinture authentiquement abstraïste ayant pour fin la simple illustration de la société et du monde par des moyens picturaux. Ils ont une vie en soi. Dans ce cas leur sens renvoie à eux-mêmes. D’accord. Mais leur consistance ontologique est telle qu’ils manifestent de façon générique (et non pas arbitraire selon l’imagination du spectateur comme le pense à tort Stéphane Roche) la polysémie des images.
Dans la Représentation, une image (ou un ensemble d’images : des films, des photos, des peintures) en vient à pouvoir « tout » signifier car elle reverrait à elle-même : la Représentation. Or cette thèse – et il suffit de lire La société barbare contre les civilisations pour la saisir dans toute son ampleur – se manifeste dans les travaux picturaux (et les LUC en particulier) de Cyril Carau. C’est cette mise en abîme entre l’image et le sens, la Représentation et la Vérité que manifeste par des moyens plastiques les Lyrismes Universels Clos, cela, à mon avis, de manière plus incisive que les Tragiques. Autrement dit les LUC sont des hublots ou des fenêtres sur la vérité du mensonge. Mon texte précédent n’a jamais voulu dire autre chose.
Des Chevaliers et quête d’absolu…
Voici les reproductions de quelques tableaux, huile sur toile, qui appartiennent à deux séries distinctes. La première au cycle de Perceval, le héros arthurien, la seconde au cycle des cavaliers de l’apocalypse. La première série a été commencée au début des années 90 et la seconde à la fin de la même décade. L’une est l’illustration parallèle de textes de Cyril Carau comme Juste un souvenir qui relate la jeunesse de Perceval, l’autre du roman nihiliste : Les cavaliers de l’apocalypse.
Perceval et la quête du Graal constituent une des thématiques majeures des premiers écrits et travaux picturaux de Cyril Carau.
Cyril Carau, pour résoudre les apories dans lesquels s’étaient encroûtées les abstractions lyriques, expressionnistes et géométriques, a utilisé les éléments picturaux fondamentaux des unes et des autres, de façon inversée, en vue de les synthétiser dans la même surface plane.
Cette série de tableaux a trouvé sa nomenclature dans ce que Mondrian appelle le Tragique ( d’où l’appellation de « Tragique chez Mondrian » donné initialement à la gouache sur papier, « Tragique 0 »).
Au départ, les tragiques ont pour ambition d’apporter une réponse esthétique aux problèmes qui grèvent la peinture abstraite. Cette résolution accomplie, de problèmes au final bien « secondaires », il était temps de passer aux choses sérieuses… et faire des tragiques une réponse au tragique de la société. Ou du moins, un élément de réponse dans le travail de conscientisation généralisée par l’abstraïsme.
Le vocabulaire pictural (travail sur la ligne et les mouvements de couleurs) qui a émergé en réponse aux apories de l’abstraction, acquiert une autonomie. Il peut, dès lors, se lire comme une réponse à la représentation que la société impose pour calibrer, normaliser, aliéner les esprits des sujets sociaux.
Aussi, les tragiques deviennent des instruments de conscientisation en sortant du champ normalisé de la représentation, en ouvrant les sensibilités des spectateurs sur d’autres éléments du visible, en stimulant leur intellect, ainsi que leur curiosité, en faisant du public non plus un spectateur passif, mais un acteur dans la sphère de la représentation. C’est à dire, qu’un tragique invite le spectateur à penser par lui-même et ne lui impose plus une représentation d’objets concrets… comme peuvent le faire des publicités (aliéner l’individu pour qu’il achète des marchandises) ou comme le faisait la peinture traditionnelle (publicité des pouvoirs royaux et religieux, puis bourgeois au sein de la société patriarcale). Ici, plus de mise en scène d’êtres humains ou de promotion du Pouvoir, mais l’exhibition des structures mêmes de l’aliénation.
Par rapport à l’ensemble de sa production picturale, on peut considérer les Tragiques comme les œuvres qui satisfont, de façon la plus appropriée, Cyril Carau, pour ce qui est d’une peinture véritablement abstraïste.
Cette nouvelle, qui inaugure les aventures de Fausta, mon héroïne vénitienne, a été publiée dans le recueil de nouvelles dirigé et illustré par Mathieu Coudray (Maz) : les sombres romantiques (les éditions du Riez) en décembre 2009.
Voici la couverture du recueil
Et voici l’illustration qui a servi de point de départ à ma nouvelle. En effet Maz m’avait contacté pour que j’écrive un texte à partir de cette superbe peinture numérique intitulé Frontière. Ce fut avec plaisir et enthousiasme que je m’y attelais !