Étiquette : art

  • Le festival de l’imaginaire geek family et autres mondes 2024

    J’ai le plaisir de vous annoncer, que je serai en dédicace au Festival de l’Imaginaire « Geek Family & Autres Mondes » le samedi 12 octobre. Ce bel événement se déroule à Saint-Cannat, dans la salle du 4 Septembre. Vous pourrez me retrouver sur le stand des Editions Sombres Rets.

    Je présenterai notamment mon thriller fantastique Les Runes de Feu, ainsi que mon recueil de contes et nouvelles imaginaires La croisée des chemins, et les anthologies Animaux fabuleux, Le monde de la nuit, Dérives fantastiques, Pouvoir et Puissance, Etranges voyages.

    Parmi les invités auteurs et illustrateurs, il y aura Elie Darco, Andréa Deslacs, Cécile Duquenne, Frédéric Czillinder, Julia Castel, Vincent Corlaix, Arnaud Druelle, Olivier Gay, Ariel Holzl, Pierre Luciani, Adrien Tomas, Bruno Bessadi, Cyril Anton et Jonathan Aucomte.

    Comme rendez-vous à ne pas manquer, citons :

    10h30 Quizz comics
    12h Inauguration officielle avec apéritif offert
    14h Conférence de l’auteur Frédéric Czilinder
    15h Conférence de l’auteure Cécile Duquenne : « Les Dialogues »
    16h Conférence Star Wars
    17h Défilé et remise des prix du concours de cosplay
    18h Battle BD

    Pour plus d’infos : L’événement facebook du Festival et le FB du Festival

    J’espère vous voir nombreux !

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  • L’habitat Universel

    Les tableaux de cette série picturale sont des peintures à l’acrylique sur toile de petit format (30 x 25 cm ou 40 x 30 cm). J’ai nommé cette nouvelle série « L’Habitat Universel, hommage à Pierre Kropotkine ».

    Pourquoi est-ce un hommage à Kropotkine ? Il suffit de lire son ouvrage sublime « La conquête du pain » pour en saisir la référence.

    Voici les cinq premiers Habitats Universels :

    Habitat Universel 1

     

    Habitat Universel 2
    Habitat Universel 3
    Habitat Universel 4
    Habitat Universel 5

    Il faut cliquer sur la vignette pour voir le tableau en plus grand.

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  • Cyril Carau aux rencontres littéraires et artistiques au Castellet 2021

    Chers amis, vous pourrez me retrouver ce dimanche 12 aux rencontres littéraires et artistiques qui se dérouleront au Castellet. Je serai sur le stand des éditions Sombres Rets en compagnie d’Elie Darco.

    Je dédicacerai mon dernier livre : La croisée des chemins, un recueil de nouvelles qui visitent les époques, les mythes et tous les genres de l’imaginaire.

    J’espère vous y retrouver nombreux !

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  • Gravée dans la pierre dans la collection Majesty

    Voici qu’une année s’est écoulée depuis la parution de ma romance contemporaine « Gravée dans la pierre »…


    Mais mon roman connaît une nouvelle vie en passant au format broché dans la collection Majesty des éditions Gloriana.

    Pour vous donner envie de découvrir l’histoire de Sherry et Alexander, voici quelques avis et chroniques :

    Gabrielle sur son blog littéraire Moments Critiques :

    Extrait : Gros coup de cœur pour cette romance qui est beaucoup plus riche et intense que le résumé nous le laisse attendre. Oui, il est question d’amour, de sentiments, des questionnements d’une working girl et de son séduisant patron, mais les clichés s’arrêtent là. En fait, ils sont complètement oubliés à mesure qu’on creuse les personnages, les situations et certaines scènes qui sont puissamment décrites.

    Marine sur son blog littéraire A touch of blue…Marine :

    Extrait : Ma partie préférée fut le milieu du livre. Ce moment où on est familier avec les personnages et où « les choses commencent à se passer ». La tension monte progressivement. On vit aux côtés de Sherry toutes les émotions, les tracas, les rêves qu’elles s’imaginent vivre, elle la jeune comptable… Quant à la dimension artistique du roman, c’est là qu’elle prend vraiment toute sa place et qu’on l’apprécie au mieux.

    Luciferine sur Booknode :

    Extrait : On voyage, on s’attache aux personnages, et on se questionne, on veut en savoir plus car certains ont un comportement énigmatique. En résumé, on dévore les pages de ce roman, entraîné par les rebondissements.

    Holderlin sur Booknode :

    Extrait : Une romance contemporaine bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Un roman sur la réalisation de ses rêves, qu’ils soient personnels, professionnels ou sentimentaux. Un roman plein d’émotions, de rebondissements, d’espoir et de tolérance.

    Acanthia sur Babelio :

    Extrait : Une histoire captivante, autant pour suivre les aventures de l’héroïne, Sherry, mais aussi des personnages secondaires qui sont particulièrement attachants, comme Angelo, le vieux jardinier, Meredith, la meilleure amie de Sherry, ou Frank son cousin !
    On voyage beaucoup et pas seulement dans plusieurs pays comme les USA ou l’Italie, mais aussi dans le temps… ainsi la réception costumée à Charleston, on a l’impression d’être à la belle époque entourés d’hommes tous plus séduisants et ambigus que possible.

    Isabelle sur Amazon :

    Son avis : J’ai beaucoup aimé cette histoire parce qu’il y a des personnages très attachants et pas comme tout le monde. Pour moi, c’était une bonne surprise que la romance s’écarte des sentiers battus (point de vue de l’orientation sexuelle) et réserve des surprises. J’ai voyagé, j’ai été émue, j’ai vécu un très bon moment de lecture, alors je le recommande chaudement.

    Lady Sif sur Livraddict :

    Son avis : Il est beau et a une réputation de requin de la finance. Elle est fragile, malmenée par ses collègues et préfèrerait une vie d’artiste que bosser en entreprise. Leurs chemins se croisent et ce n’est pas un hasard… mais ça, elle ne peut pas le savoir, ni même l’espérer, car c’est le genre de mec dont on rêve sans jamais les accrocher. Touchée par eux, j’ai aimé qu’ils trouvent le bonheur.

    Alix sur la Fnac :

    Son avis : histoire passionnante et émouvante.

    C’est l’histoire d’un parcours difficile pour une jeune femme, Sherilyn dont le travail est stressant et la vie personnelle pleine de blessures. Le soutien de ses amis de ne l’empêche pas d’avoir des crises de larmes et des désillusions. Surtout que dans sa grande entreprise, son séduisant patron est plutôt lunatique. Sherilyn va pourtant avoir la surprise de voir son chemin s’éclairer grâce à une relation qui pose pourtant questions. Celles qui rendent folles et paraissent insurmontables. Qu’est-ce qui sépare les gens : l’argent, la réputation, l’orientation sexuelle ? A la fin, on a la réponse. C’est une belle histoire passionnante et émouvante.

    Pour infos, l’ebook est seulement à 2,99 € et la version papier broché à 13 €.

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  • Gravée dans la pierre parution au format papier

    C’est aujourd’hui, 18 février, que mon roman Gravée dans la pierre est disponible au format papier chez Gloriana Editions

    300 pages de romance, de voyages, d’émotions, d’art, d’amour, de rebondissements et aussi de mystères. 

    Il est également disponible en ebook au prix mini de 2,99 € : Amazon, Fnac, Kobo, Décitre.

    Voici le quatrième de couverture :

    À 28 ans, Sherry semble avoir réussi sa vie. Elle travaille pour une grande firme new-yorkaise et a de grosses responsabilités. Mais elle a subi plusieurs drames dans sa vie. Elle déprime, dévorée par son travail, et se montre même incapable d’assouvir sa passion pour la sculpture. Sans parler de sa récente rupture sentimentale qui n’arrange rien ! Même son amie Meredith peine à lui remonter le moral. Pourtant, c’est bien dans le cadre de son travail et d’un voyage à Rome, que la jeune femme va rencontrer le bel Alexander Cypher. Impitoyable businessman, celui-ci va lui faire découvrir un autre monde : la Haute Société, ses paillettes et ses frasques. Entre eux s’installe un étonnant jeu de séduction à l’issue plus qu’incertaine. Et pour cause, Alexander est mystérieux et peut-être inaccessible, car son propre goût ne semble pas le porter vers les femmes… Alors pourquoi s’intéresse-t-il à Sherry, qu’est-ce qui le ramène sans cesse vers elle ? Leur quête est-elle celle d’un amour impossible ?

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  • Trailer de Gravée dans la pierre

    Gravée dans la pierre met en scène une jeune femme, Sherilyn, qui travaille dans une grande firme américaine. Après des déboires, elle a laissé tomber sa passion pour la sculpture et tout espoir de trouver le véritable amour. Pourtant, dans le cadre de son travail, à l’occasion d’un voyage à Rome, elle rencontre le beau et mystérieux Alexander. Une intimité s’installe entre eux… un jeu de séduction troublant. Mais il semblerait que ce ne soit qu’un jeu ; peu à peu, Sherilyn prend conscience que la préférence sexuelle d’Alexander ne le porte pas vers les femmes…

    Seulement 2,99 €

    Quelques liens pour l’acheter en ebook : Amazon, Fnac, Kobo, Décitre.

    La sortie au format papier est prévue le 18 février 2019 chez Gloriana Editions

     

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  • La saison 3 de Twin Peaks, analyses, explications, révélations

    Pour « éclaircir » quelques points obscurs de la saison 3 de Twin Peaks, je m’appuierai sur des courants de pensée, artistique, philosophique, religieux historiquement datés, mais qui ont également la particularité d’être transhistorique. La conception gnostique du monde (que l’on peut situer du 1e au 15e siècle, de l’enseignement de Basilide aux derniers Patarins) et le courant baroque (1550-1750). Mais comme indiqué plus haut, ces courants dépassent leur cadre historique et connaissent de nombreuses résurgences, par exemple Carl G. Jung était gnostique et Stanley Kubrick peut être qualifié de cinéaste baroque. Selon moi, David Lynch est les deux, gnostique et baroque.
    Cela précisé, je ne me priverai pas, le cas échéant, à faire appel à des poètes ou penseurs plus récents (Hölderlin, Baudelaire, Julian Jaynes) ou au mythe du Graal ou à la psychanalyse pour éclaircir ces quelques points.

    Pourquoi le baroque ?
    Parce que les rêves sont très présents dans l’œuvre de David Lynch et Twin Peaks en particulier. Pour la pensée baroque, la vie est un rêve, une scène de théâtre ou un roman. De plus, une des particularités du baroque, est cette capacité à montrer que ce qui est visible, devant nous, apparemment vrai n’est pas ce qu’il paraît être. Dit autrement, le baroque est ce courant spécifique qui dénonce le faux-semblant et nomme ce qui est (et vrai) via l’illusion artistique. Un des exemples les plus célèbres de cette façon de procéder nous vient de Shakespeare, le grand dramaturge baroque sous l’époque élisabéthaine : Hamlet utilise une troupe de théâtre pour mettre en scène l’assassinat de son père et ainsi découvrir qui est le véritable meurtrier. Son oncle, ivre de pouvoir.
    Car une autre des particularités du baroque est son rapport au pouvoir. Apparemment à la solde du souverain (rois, princes, papes), notamment lors de la contre-réforme, l’artiste baroque – apparemment servile devant ses commanditaires – se joue de cette position pour dénoncer justement le pouvoir en place.
    Autre aspect intéressant : en peinture, l’artiste part non d’une toile vierge, mais noire ou sombre… et, progressivement, par touche de couleur claire, d’apport de « lumière », il fait surgir, il fait « naitre » le sujet. Or, c’est ce qui arrive à Dale Cooper dans cette saison 3. On le découvre, en premier lieu, dans la loge noire en noir et blanc (plutôt dans des nuances de gris). Ce n’est que progressivement qu’il sort de la loge, dans un périple sombre (et carrément obscur au niveau du sens), pour arriver à la lumière. Et encore… ce n’est pas comme Dale Cooper, mais Dougie Jones ! Il faudra un gros coup de lumière, de jus, d’électricité pour qu’enfin, à l’épisode 16, on retrouve notre bon vieil Agent Coop. Mais j’anticipe, tout cela est « le Chant de la perle » de David Lynch.

    Pourquoi le gnosticisme ?
    Ce courant religieux, cosmogonique, philosophique et éthique recoupe un faisceau de mouvements (et/ou églises) à travers le temps et l’espace : de l’Arménie au Sud de la France, en passant par Constantinople et la Bulgarie, du 1e au 15e siècle (période de l’élimination des derniers Patarins), des Marcionites aux Cathares en passant par les Pauliciens et les Bogomiles.
    Un socle commun lie tous ces mouvements. À savoir, d’abord, le dualisme : l’Esprit (le Bien) s’oppose à la matière (le Mal). Le véritable Dieu, le Père, le Premier Principe, est un esprit de pure lumière qui évolue ailleurs. Pour certains gnostiques (Valentin), dans le Plérôme (l’Ailleurs spirituel où vivent Dieu, les Éons, les anges). En revanche, le Diable (ou Démiurge) évolue sur Terre qu’il a créée. Or, l’homme a cette particularité, pour son malheur, d’être constitué d’une âme spirituelle immortelle et d’un corps matériel périssable. Il est en quelque sorte l’expression de la dualité. C’est là sa tragédie.
    À savoir, ensuite, que c’est le Diable (Satan, le Démiurge, Yahvé, Lucifer, quelque soit son nom) qui a créé le monde, l’univers matériel… et qui l’a peuplé en kidnappant des anges du Plérôme. Ainsi pour nombre de gnostiques, nous vivons littéralement en enfer. Quand on voit le sort des Cathares, par exemple, exterminés lors de la croisade des Albigeois, puis par l’Inquisition, on peut difficilement leur donner tort.
    D’où, troisième point à retenir, tous ces mouvements ont mal fini. Soit le gnostique était obligé de se convertir à la religion dominante (catholique, orthodoxe ou musulmane), soit il était éliminé physiquement. En France, les exemples les plus atroces étant le sac de Béziers et l’extermination de sa population en juillet 1209, et le tristement célèbre bûcher de Montségur, la dernière citadelle cathare, en mars 1244.
    Ce qui m’intéresse pour éclairer les points obscurs de la saison 3, outre leur croyance en la transmigration des âmes (métempsycose ou réincarnation), c’est aussi que chaque acte a une conséquence. D’une action bénéfique découle une conséquence bénéfique. Et, inversement, d’une action maléfique découle une conséquence maléfique. De même, si on peut être sauvé de sa situation d’ange emprisonné dans un corps matériel, on peut être corrompu et être irrémédiablement perdu. Les agents maléfiques ne sont pas tous des démons, mais des hommes corrompus. Car il se déroule une guerre cosmique entre le Bien et le Mal… et, force est de constater, que le Mal est en train de l’emporter.

    J’en dirai plus dans le prochain article. À suivre…


     

    Lecture conseillée pour une introduction aux mouvements gnostiques de l’Antiquité au Moyen-âge : Le manichéisme médiéval de Steven Runciman.
    Pour le baroque, je renvoie à mon article : La mise en scène du monde dans le webzine Univers 4, à lire/télécharger gratuitement ici : http://outremonde.fr/univers-4-outremonde

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  • L’ascension des Idoles

    L’ascension des Idoles.

    Voici une de mes nouvelles séries débutée en 2016. Les tableaux, des huiles sur toile, représentent des portraits féminins d’Idoles (de stars). Chaque portrait, en noir et blanc telle une statue de marbre, est sur fond stellaire. La particularité de cette série est d’être liée à une autre intitulée « La destruction des hommes ».

    Un clic sur l’image pour la voir en grand.

    Le lien Facebook

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  • India de Kim Yang-shik

    Aujourd’hui sort chez Sombres Rets le recueil India de la poétesse Kim Yang-shik.

    Il comporte une soixantaine de poèmes qui parlent de voyages, d’art, de la vie, d’amour, de la nature, de Bouddha, de rencontres avec des artistes (Chagall, Tagore, Ryan…), de la découverte d’autres pays (Corée, Inde, Canada, Népal…) et cultures.

    J’ai eu l’honneur d’en illustrer certains.

    Voici la couverture

    Le 4e de couverture :

    L’œuvre de Kim Yang-shik se situe dans une culture vaste comme le monde au travers d’une sensibilité guidée par la sensualité. Que ce soit en Inde avec le poète Tagore ou les enfants des rues, au Canada, en France avec Chagall ou en Corée son pays natal, les poèmes de Kim ont la fraîcheur d’un regard piégé dans les profondeurs d’un cruel désespoir. À l’apaisement de la douleur de vivre en jouant les équilibristes sur un fil tendu au-dessus de l’abîme ; à la traversée des ténèbres qui enveloppent tant de ses poèmes, accrochés telle une demi-lune dans un ciel sur un tableau de Chagall ; à la fulgurance cruelle des passions pour les hommes et pour les instants où les sens exultent : voici ce à quoi nous invite la poésie de Kim Yang-shik.
    Ce recueil, assorti de dix encres, permet de découvrir la poétesse coréenne au travers d’une soixantaine de poèmes traduits pour la première fois en France.

    Voici l’une des illustrations :

    Toutes infos sur le site de Sombres Rets : http://sombres-rets.fr/india-kim-yang-shik

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  • LUC

    Les L.U.C. signifient « Lyrisme Universel Clos ».
    Il s’agit d’une série de peintures soit à l’huile sur toile, soit à l’acrylique sur bois qui se décline en nombre et en lettre. Cyril Carau a peint les premières au début des années 90. D’abord sur de très petits panneaux qui sont catalogués en « a », puis en format plus grand : les « b », puis en « c », « d »… cela de façon croissante. Le travail en série est systématique. Le motif est presque toujours le même pour un numéro donné et ne varie que par la taille.

     

     

    L’exégèse s’est penchée sur la signification de ces œuvres…

    Je suis gênée de parler des LUC de Cyril Carau car pour lui ils sont une étape et non pas un but en soi. Au départ Carau a peint des LUO (lyrisme universel ouvert), très peu au demeurant : trois à ma connaissance. Parallèlement il travaillait sur sa série des Tragiques. Entre parenthèse ce sont les seuls tableaux qu’il tient pour réussi. Quasiment l’ensemble de sa production, pour Carau, se résume à des essais, des esquisses, des ébauches et non pas des œuvres abouties et achevées comme telles. Avec les LUC pourtant on a l’espoir de le contredire. Or lorsqu’on sait quelle est l’ambition picturale de Cyril Carau, à savoir une peinture abstraïste, on est tenté de se ranger à ses arguments. Tenté seulement car là où Carau voit des échecs, nous sommes enclins à y voir de véritables œuvres d’art.
    En effet le caractère inabouti des LUC ne les exclut pas pour autant du champ de la création. Cela pour différentes raisons : d’abord parce que les LUC sont une réelle avancée par rapport au LUO qui ne parvenaient pas à restituer la dimension barbare du monde et demeuraient en de-ça de la représentation. En revanche, les LUC intègrent, via les césures (ces longues barres noires qui quadrillent et écrasent l’espace peint), l’aspect sociétal dans ce qu’il a de contraignant, d’omniprésent, d’émasculateur, de coercitif et d’inquiétant. Ensuite par l’introduction de signes autonomes (des sortes d’araignées ou d’étoiles ou de créatures insectoïdes que l’on devine visqueuses) qui longent l’étendue de la toile et semblent guetter des proies possibles. Dans ses dernières productions Carau les stylise jusqu’à leur donner la consistance de brèches dans l’espace pictural. Le spectateur est libre d’y voir autre chose, mais il se dégage une sorte de malfaisance dans ces quelques traits noirs placés à des endroits stratégiques.
    À cela il convient d’ajouter que Carau réussit à codifier l’hétérogénéité. Qu’est-ce à dire ? Ces tableaux apparaissent comme des mosaïques, des entremêlements de motifs qui n’ont rien à voir entre eux. Là une étendue verte ou rouge ou bleue ou mauve, un vortex cosmique, la mer, des plantes ? ou du moins des formes qui y ressemblent, des réseaux, des mailles, des jets d’eau (ou d’autres liquides), des cercles récurrents, etc. seulement ces motifs, bien que figuratifs, ne se limitent pas à signifier leur simple apparaître ; ils acquièrent une valeur générique… et par là deviennent de véritables abstractions visuelles. En cela les L.U.C. sont ce qui s’apparentent le plus d’une peinture proprement abstraïste.

    Irina Lippi

     

    Les L.U.C. ? Parlons-en ! J’ai lu le texte d’Irina Lippi. Je suis obligé de réagir. Je pense qu’elle est foncièrement dans l’erreur. Son interprétation prête du sens à des tableaux là où il y en a pas. Pour moi les L.U.C. ne signifient rien. Attention ! je ne nie pas leur qualité d’œuvres d’art. Quoique « l’art » soit quelque chose de galvaudé. J’affirme que ces peintures ne correspondent pas à l’interprétation qu’en donne Mademoiselle Lippi. Et si pour Cyril Carau ces tableaux sont exclus dans ses efforts pour créer une peinture véritablement abstraïste, ce n’est pas par hasard. Si l’artiste peut se duper lui-même sous l’influence d’admirateurs enthousiastes, l’homme – avec sa conscience subtile de ce qui est – ne se leurre pas une seconde. Par exemple l’évolution des L.U.C., évolution interne des panneaux concernés : le passage du L.U.C. 10 b (acrylique sur bois) au L.U.C. 10 c’ (huile sur toile) signifie quoi ? Au pôle bleu/vert Carau substitue le couple rouge/noir, les « censures » noires deviennent bleues. Doit-on y lire que la censure du monde devient moins terrible, plus douce ou agréable à regarder ? Pas du tout ! Cela ne veut rien dire. On est dans des effets picturaux, c’est tout. Inutile d’y assigner un sens. Ce que j’affirme c’est que toutes les images renvoient au discours du commentateur.
    Je me souviens d’une soirée où Cyril Carau s’amusait au jeu de la contradiction, véritable (joute) sophistique. Il prêchait une thèse, puis son contraire avec une facilité déconcertante et heuristique. Puis après s’être tapé une daube, il entreprit de nous démontrer que le film en question (et dont j’ai oublié le titre) était une œuvre cinématographique majeure. Il s’agissait d’un de ces films d’action de série hong-kongais. Il éleva ni plus ni moins ce navet au rang de chef d’œuvre en montrant, plans à l’appui et extrait de dialogues, que ce film manifestait par une situation concrète de lutte de gangs (et de générations) le passage de La critique de la raison pure de Kant à La phénoménologie de l’esprit de Hegel. Il mit en parallèle les apories de la raison pure (les antilogies) et les réponses de Hegel avec la position du vieux chef de gang et les réaction du jeune loup adverse.
    Ainsi avec les L.U.C. « première génération » et les L.U.C. « seconde génération » on pourrait argumenter de même. Du passage d’une société close illustrée par Platon à la société ouverte prônée par Karl Popper. La censure sociétale demeure, non plus noire mais bleuté. À la couleur bleue on assigne telle valeur et voilà, le tour est joué. Ce banal changement de couleur ouvre à toutes les interprétations dès l’instant qu’on accord arbitrairement telle fonction à tel choix de coloris, de forme, de médium pictural, etc. Ces tableaux renvoient à eux-mêmes, c’est tout et ne signifient rien de plus que ce qu’ils nous donnent à voir. Le reste est affaire d’imagination. Penser autre chose serait de la mauvaise foi.

    Stéphane Roche

     

    Je ne tiens pas à entrer dans une quelconque polémique ; seulement le texte de Monsieur Roche loin d’invalider ma thèse apporte tout au contraire de l’eau à mon moulin. En effet les LUC ne se réduisent pas à une banale tentative de ce que pourrait être une peinture authentiquement abstraïste ayant pour fin la simple illustration de la société et du monde par des moyens picturaux. Ils ont une vie en soi. Dans ce cas leur sens renvoie à eux-mêmes. D’accord. Mais leur consistance ontologique est telle qu’ils manifestent de façon générique (et non pas arbitraire selon l’imagination du spectateur comme le pense à tort Stéphane Roche) la polysémie des images.
    Dans la Représentation, une image (ou un ensemble d’images : des films, des photos, des peintures) en vient à pouvoir « tout » signifier car elle reverrait à elle-même : la Représentation. Or cette thèse – et il suffit de lire La société barbare contre les civilisations pour la saisir dans toute son ampleur – se manifeste dans les travaux picturaux (et les LUC en particulier) de Cyril Carau. C’est cette mise en abîme entre l’image et le sens, la Représentation et la Vérité que manifeste par des moyens plastiques les Lyrismes Universels Clos, cela, à mon avis, de manière plus incisive que les Tragiques. Autrement dit les LUC sont des hublots ou des fenêtres sur la vérité du mensonge. Mon texte précédent n’a jamais voulu dire autre chose.

    Irina Lippi

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  • Tragique

    Cyril Carau, pour résoudre les apories dans lesquels s’étaient encroûtées les abstractions lyriques, expressionnistes et géométriques, a utilisé les éléments picturaux fondamentaux des unes et des autres, de façon inversée, en vue de les synthétiser dans la même surface plane.
    Cette série de tableaux a trouvé sa nomenclature dans ce que Mondrian appelle le Tragique ( d’où l’appellation de « Tragique chez Mondrian » donné initialement à la gouache sur papier, « Tragique 0 »).
    Au départ, les tragiques ont pour ambition d’apporter une réponse esthétique aux problèmes qui grèvent la peinture abstraite. Cette résolution accomplie, de problèmes au final bien « secondaires », il était temps de passer aux choses sérieuses… et faire des tragiques une réponse au tragique de la société. Ou du moins, un élément de réponse dans le travail de conscientisation généralisée par l’abstraïsme.
    Le vocabulaire pictural (travail sur la ligne et les mouvements de couleurs) qui a émergé en réponse aux apories de l’abstraction, acquiert une autonomie. Il peut, dès lors, se lire comme une réponse à la représentation que la société impose pour calibrer, normaliser, aliéner les esprits des sujets sociaux.
    Aussi, les tragiques deviennent des instruments de conscientisation en sortant du champ normalisé de la représentation, en ouvrant les sensibilités des spectateurs sur d’autres éléments du visible, en stimulant leur intellect, ainsi que leur curiosité, en faisant du public non plus un spectateur passif, mais un acteur dans la sphère de la représentation. C’est à dire, qu’un tragique invite le spectateur à penser par lui-même et ne lui impose plus une représentation d’objets concrets… comme peuvent le faire des publicités (aliéner l’individu pour qu’il achète des marchandises) ou comme le faisait la peinture traditionnelle (publicité des pouvoirs royaux et religieux, puis bourgeois au sein de la société patriarcale). Ici, plus de mise en scène d’êtres humains ou de promotion du Pouvoir, mais l’exhibition des structures mêmes de l’aliénation.

    Par rapport à l’ensemble de sa production picturale, on peut considérer les Tragiques comme les œuvres qui satisfont, de façon la plus appropriée, Cyril Carau, pour ce qui est d’une peinture véritablement abstraïste.

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  • Univers 10 d’OutreMonde

    Bonjour les amis, j’ai le plaisir de vous présenter le dernier Univers d’OutreMonde, le numéro 10. Longuement attendu, le voici à présent en ligne sur le portail littéraire OutreMonde.

    Univers 10 : Rencontres et Face-à-face
    , se particularise par son nouveau format de lecture : en livre animé et sa nouvelle maquette A5. Nous devons la couverture au talent de Tony Patrick Szabo. 

    Quant au sommaire, le voici :

    Le dernier songe de Vaux, texte de Didier Reboussin, illustré par Elie Darco
    Long Line of Cars, texte de Romuald Herbreteau, illustré par Bluesnake
    Donnez-nous mille colombes, texte de Michaël Moslonka, illustré par Alda
    Le monstre du Gévaudan, article de Claude Le Men
    Ame stram gram, texte de Frédéric Czilinder, illustré par Nathy
    La monstruosité d’Hollister, texte de Jean-Paul Raymond, illustré par Stéphane Reynaud

    Je vous laisse le découvrir dans la section télécharger : Univers 10 d’OutreMonde

    Bonne lecture…
    PS : pour tous ceux qui regrettent déjà le format .pdf, un lien de téléchargement pour ce format est disponible dans les premières pages de la revue, dans la section Navigation, sous l’édito Wink
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